mardi 2 février 2010

France: Cours d’islam dans les écoles d’Alsace-Moselle


Souhaité par la communauté musulmane, l’enseignement de l’islam dans les écoles d’Alsace-Moselle pourrait constituer un « remède contre l’extrémisme », estiment les responsables musulmans locaux.
Tout comme la commission Stasi (2003), la mission conduite par le député PCF André Gerin sur la burqa a jugé « discriminante » l’absence de cours d’islam dans les écoles publiques de l’Alsace-Moselle concordataire, qui bénéficient depuis plus d’un siècle et demi d’un enseignement facultatif sur le protestantisme, le catholicisme et le judaïsme. La loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat en 1905 a supprimé l’enseignement confessionnel dans toutes les écoles françaises publiques mais pas en Alsace-Moselle, alors sous domination allemande. Et le retour des trois départements de l’Est dans le giron de la France n’a pas effacé cette particularité.
En 2006, un autre rapport préconisait « d’instaurer des cours d’enseignement » de l’islam dans le secondaire et de créer un système de « formation du personnel religieux », rappelle le rapport Gerin qui regrette « qu’aucune action (n’ait) été entreprise en ce sens ». Cette intégration « répondrait pourtant à une demande d’équité de traitement de la communauté musulmane » d’Alsace-Moselle, qui compte entre 145.000 et 160.000 fidèles mais est « exclue du dispositif de l’enseignement religieux » à l’école, observe Saïd Aalla, président de la Grande Mosquée de Strasbourg.
A la tête du conseil régional du culte musulman (CRCM) d’Alsace, Driss Ayachour va plus loin : l’éducation est « le remède le plus efficace pour encadrer les jeunes, les former et les protéger contre l’extrémisme ».

Lancer des « classes pilotes »

« C’est l’ignorance qui pousse à être influencé par les extrémistes de tout bord », affirme ce professeur de mathématiques qui plaide pour « un islam de tolérance et de respect de l’autre ».
Son homologue du CRCM Lorraine, Amine Nejdi, abonde en son sens : « Ça serait un petit remède mais qui est à notre portée » en Alsace-Moselle. « Il faut des initiatives de la part des politiques (…) On est preneurs immédiatement. »
Pour Driss Ayachour, il faut agir « vite » car « les jeunes générations qui ont soif de religion » risquent d’être « influencées par d’autres personnes », radicales, « si elles ne trouvent rien d’autre ».
Il évoque ainsi l’idée, élaborée avec le président défunt de la région Alsace Adrien Zeller, de lancer des « classes pilotes » dans des lycées. Et rappelle qu’au sein du CRCM, une commission réfléchit déjà aux programmes (histoire de la religion, vie du prophète, comportement des musulmans envers les autres et la société…), calqués sur l’exemple des autres cultes déjà enseignés dans les écoles alsaciennes et mosellanes.
Edition France Soir du mardi 2 février 2010 page 11

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