mardi 10 mai 2011

Le Chef de l’Etat assidu à la grande Mosquée du vendredi


Mahamadou_Issoufou3Niamey (Niger) Le phénomène est rare et mérite d’être souligné. Après l’hibernation religieuse constatée par les fidèles musulmans sous la 5ème République, caractérisée par l’absence du Chef de l’Etat et de son premier ministre à la prière du vendredi, voilà qu’avec les nouvelles autorités de la 7ème République l’on renoue avec ce rituel favorablement accueilli par les fidèles musulmans.
Ceux qui avaient suivi le programme de la télévision Bonferey, vendredi 29 avril dernier, ont vu le Président de la République Mahamadou Issoufou, et avec lui, le premier ministre Brigi Rafini et quelques membres du gouvernement à la grande mosquée de vendredi où ils ont prié en communion. Certes, maintes fois, entre propagande politique et actes de bonne foi, les autorités nigériennes ont à un moment ou à un autre, fait le déplacement des lieux de prières pour se faire voir par la masse. On les voyait à l’occasion de fêtes rituelles communément appelées les «îdh». Le geste du président de la République vient, peut-être, mettre fin aux spéculations qui ont émaillé la campagne électorale dans certaines de nos contrées. En effet, des leaders de l’opposition, -suivez notre regard-, avec à la main le spécimen des deux candidats au 2ème tour, ont sillonné villages et hameaux pour faire une campagne nocive contre le candidat du PNDS. Chez les villageois, ils brandissaient le spécimen, caricaturant la signification de la position des deux candidats sur la photo. «Celui qui est à la gauche est celui qui a été maudit, expliquait-on, tandis que celui de droite est celui qui sera accueilli par Dieu». Par ailleurs, ceux qui avaient suivi avec attention, de long en large, la campagne présidentielle, remarqueront qu’on a assisté à une «concurrence d’Elhadj». En fait, tous les candidats qui ont fait le déplacement de la Mecque se sont servis du titre pour confectionner leurs pancartes et autres banderoles. Le temps était opportun pour convaincre ceux qui doutaient de la ‘’religiosité’’ des leaders politiques. Si le fait que les autorités partent à la mosquée intéressent les Nigériens, c’est parce qu’ils ont l’habitude de ne voir les autorités, à leurs côtés, que pendant les campagnes électorales ou la «période de soudure» politique. Une fois le pouvoir acquis, ils se retranchent dans leurs palais pour faire leur culte, pour ceux qui le font, ou se la couler douce le ‘’butin électoral’’. La 5ème République de Tandja et de Hama Amadou a été caractérisée par un «grand congé religieux». C’est quand Seïni Omar succédait à Hama Amadou à la primature que les niaméens avaient commencé à sentir un changement dans la fréquentation des mosquées. Seïni Oumarou qui a fait de la fréquentation du «jouma’a» une priorité, a ramené au jeudi, la date du conseil des ministres qui se tenait, à l’époque, tous les vendredis.

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