vendredi 5 août 2011

Niger: Hausse vertigineuse des prix pendant le mois de Ramadam


Niamey, Niger - Depuis le début du mois de Ramadam, lundi, au Niger, on assiste sur l’ensemble des marchés du pays à une montée en flèche des prix des produis de première nécessité en dépit d’un accord sur la réduction des tarifs, signé entre le gouvernement et les opérateurs économiques à l’occasion de ce mois de jeûne chez les musulmans, a constaté la PANA. Au Petit marché et au Grand marché de Niamey, les consommateurs ne savent plus à quel saint se vouer face à l’envolée des prix qui passent du simple au double voire triple pour certains produits.

'C’est dramatique, ce qui se passe sur nos marché, tout coûte les yeux de la tête', déplore Mme  Maiga Issa, croisée au Petit marché. Elle confie que le paquet de sucre passe à 1.000 FCFA alors qu’il était à 800 FCFA la veille, le litre d’huile est vendu à 1.100 FCFA alors qu’il était à 950 FCFA il y a deux jours et la boîte de tomate fraîche de 1 kg est difficilement cédée à 2.000 FCFA contre 1.400 une semaine avant le moi de Ramadan.

'On ne comprend plus rien, malgré le prétendu accord signé avec les commerçants, ces derniers n’en ont cure; ce qui les intéresse c’est le bénéfice qu’ils vont tirer de la spéculation sur les prix', regrette pour sa part Issah Halidou, fonctionnaire à la retraite.

'En fin de compte, c’est toujours les commerçants qui profitent des accords avec le gouvernement. Ils bénéficient du désarmement tarifaire et ils continuent à vendre comme si de rien n’était', renchérit  Moussa Alka, fonctionnaire du ministère du Commerce.

Grâce aux accords signés à l’occasion en vue du Ramadan, les prix du mil, du maïs, du sorgho et de la viande sont censés être réduits. Les bouchers ont  notamment promis de réduire de 50 FCFA le prix du kilogramme de viande et les commerçants des fruits, légumes et poissons se sont engagés à maintenir le niveau actuel des prix de leurs produits pendant tout le mois de jeûne chez les musulmans.

Par ailleurs, le gouvernement s'est engagé à prendre toutes les dispositions pour permettre à l'Office des produits vivriers du Niger (OPVN) de mettre en vente à prix modérés 2.000 tonnes de sucre.

Malheureusement, sur les marchés, c’est à qui mieux-mieux, aucun accord n’est aujourd'hui respecté malgré les engagements pris de part et d’autre et en dépit de la création d’une commission nationale de lutte contre la vie chère.

'Les commerçants n’ont rien diminué, c’est vraiment de la poudre aux yeux. Aujourd’hui avec 500 FCFA, il est impossible d’obtenir quelques morceaux de viande fraîche; d’ailleurs les bouchers ne te regardent même pas', tempête Halima Seyni, habituée pourtant du Petit marché.

Lors d’un point de presse donné le 1er août, le ministre du Commerce, Saley Saidou, a rappelé les engagements pris pour contenir la flambée des prix des produits de première nécessité pendant le Ramadan.

‘’C'est donc à travers cet important dispositif institutionnel que l'ensemble des Nigériens ont pu témoigner sur les médias ces derniers jours, des allégements sur les prix, consentis grâce aux efforts de nos partenaires (opérateurs économiques, commerçants et industriels)’’, a-t-il dit.

Le gouvernement, a encore dit le ministre Saidou, a lancé une opération de vente à prix réduits de 2.000 tonnes de sucre provenant des magasins de l’Office des produits vivriers du Niger (OPVN) en vue de faciliter l’accès à ce produit très prisé aux fidèles musulmans.

Cette vente modérée en détail aux populations, en cours dans les différentes localités du Niger, fixe les prix à 17.500 FCFA pour le sac de 50 kg du sucre en poudre, soit 350 FCFA le kg au lieu d'environ 1.000 FCFA le kg du sucre en cube actuellement sur le marché.

En outre, l’opération permet aux populations de pouvoir acheter le sac de 50 kg de riz à 14.000 FCFA contre 22.000 FCFA sur le marché, celui de 100 kg de mil, de maïs et de sorgho à 12.000 FCFA contre 20 à 21.000 FCFA sur le marché.

'Le problème, c’est que nous autres fonctionnaires, nous ne sommes pas concernés par cette opération; le gouvernement vise surtout les populations rurales', regrette Mounkaila Idrissa, agent de santé à l’hôpital de Niamey.

Pour les petits détaillants de Niamey, la faute incombe aux grossistes qui n’ont pas répercuté sur les détaillants la réduction. Mais Mahamdou Hassane, un grossiste de légumes, souligne pour sa part qu’en fait 'ce sont les denrées qui coûtent chères dès au départ'.

il explique que c'est la période de soudure, une transition entre les semis et les récoltes. 'Nous ne produisons pratiquement rien en termes de légumes et fruits sur place, tout est importé', tente-t-il d’expliquer.

'Le citron vient du Burkina Faso, la pomme de terre et le concombre du Nigeria et il y a la cherté dans ces pays voisins et alors tant que les prix sont élevés là-bas, nous aussi conformément à la loi du commerce, nous cherchons notre gain', a-t-il poursuivi.

Pana 05/08/2011

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