lundi 9 juillet 2012

SIAMOIS: LA FORCE DE L’ISLAM À BABANKI


Les sœurs siamoises camerounaises Pheinbom et Shevoboh considérées à leur naissance comme une malédiction, n’en sont plus le cas aujourd’hui. Leur situation a changé la  foi des populations de leur village qui s’est reconverti à l’islam
 Il y a un peux plus de cinq ans, Rebecca Taba, du quartier Netop au nord de Babanki, était une chrétienne catholique comblée. «Je payais régulièrement mes contributions pour le culte, j’appartenais  aussi  a  la chorale de notre église» se souvient-elle. Sur une photo de famille accrochée dans son salon, l’on peut voire à l’angle droit, un portrait de Jésus et de la vierge Marie.  Aujourd’hui, tout ceci n’est qu’un simple souvenir pour Rebecca Taba, qui se fait aujourd’hui appeler  madame Moustapha Talatou. Comme elle, tous les habitants de son village ont embrassé l’islam.
D’après les témoignages, la croisade a commencé en Avril 2007, soit de deux mois après ce qui a été considéré comme «une étrange naissance». En effet, février 2007, un petit centre de santé  de Babanki, voit naitre deux sœurs siamoises. Les deux bébés siamois surnommés Pheinbom et Shevoboh étaient nés rattachés l’un à l’autre au niveau de la poitrine, de l’abdomen, et avaient une jambe commune. Leur naissance avait provoqué surprise et ébahissement. Même la signification de leurs noms ne laisse personne indifférent. En langue locale, Pheinbom signifie «l’œuvre de Dieu» et Shevoboh «nous acceptons de tout cœur». Une illustration claire de l’état d’esprit des parents. Les services sanitaires de base à Babanki Tungo n'étaient pas équipés pour s'occuper des fillettes. Suite à un appel lancé sur internet, le roi d'Arabie saoudite a décidé de les faire venir dans son pays pour qu'elles soient opérées en avril 2007. L’opération réussie a permis à chacune des fillettes d’avoir une jambe et son propre estomac. A presque sept ans de nos jours, les deux fillettes se déplacent à trois pattes. Malgré tout ces jumelles sont gaies, bavards. «Je remercie le Cameroun, maman et papa», dit l’un des enfants.

Changement de croyance

Pris de panique,  les habitants de Babanki Tungo, ont cru dès la naissance des sœurs siamoises, qu’il s’agissait d’une malédiction.  Pour  Roland T, cette naissance était interprétée comme «un malheur pour un peuple, une malédiction grave.»  D’autres habitants du village ont suggéré qu’il fallait «tuer ses enfants ou les jeter dans la rivière»,  affirme Rebecca Taba.  Pour  Emerencia  Nyumale  la maman des enfants, «c’était difficile à vivre dans le village quand les bébés siamois n’étaient pas encore séparés».   «Vieillards, jeunes gens, femmes, enfants et bébés se pressaient dans la brousse à notre passage»,  ajoute  Ngong James Akumbu le père. 
Aucune réserve, aucun respect pour les parents, Marguerite Tafon, commerçante au petit marché de Babanki raconte la scène : «Nous avons attribué à cette famille toutes les humiliations possibles. Mais grâce à Dieu  ce n’est plus le cas depuis leur séparation».  La séparation réussie des bébés siamois a conduit le chef et les habitants de Babanki  Tungo  à embrasser l’islam de façon spontanée et sans aucune pression. «Nous étions affectés positivement par les prières de ces musulmans. Avant et pendant l’opération, ils nous ont réconfortés. A la fin c’était un succès total, j’ai cru à leur  Dieu, et j’ai décidé  ensemble  avec ma femme  de changer de religion. Aujourd’hui nous somme des musulmans par conviction, personne ne nous a obligé», affirme  leur géniteur. Ainsi,  pour exprimer leur foi a Allah, les parents des jumelles se sont convertis à l'islam. Le père Ngong James Akumbu, se fait maintenant appeler "Abdallah", Emerencia porte le nom d'Aisha", et leurs enfants vont à l'école primaire islamique. Rappelons qu’au mois de mai 2012, l’ambassadeur d’Arabie Saoudite au Cameroun a procéder à l’inauguration d’un centre islamique dans le village. Entièrement financé par le royaume d’Arabie Saoudite, ce centre islamique comprend une mosquée, une crèche, une école primaire et un dispensaire.

Tout le village a profité

L’opération de séparation des fillettes a eu des conséquences importantes pour les habitants de Babanki Tungo. «Tout le village a profité de cette naissance», dit Galistien, appelé  aujourd’hui Moustapha. Avec l’avènement du centre islamique, certains habitants du village ont pu trouver le travail. «Avant l'ouverture de l'école, je n'avais pas de travail»  nous dis Rahinatou enseignante a l’école primaire islamique de Babanki. Dans le village, on  considère à présent, la naissance des bébés siamois comme un bienfait. «Dans la vie il faut être persévérants.il ya des  mauvaises choses au début et qui se révèlent être bonnes à la fin, c’est la volonté de Dieu»  dit le père des fillettes.

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