mercredi 18 septembre 2013

Organisation du Pèlerinage à la Mecque Les «couacs récurrents» diagnostiqués par des hommes de l’art

Depuis un certain temps, l’organisation du pèlerinage aux lieux saints de l’Islam enregistre beaucoup de couacs. Une situation qui a fait sortir certains membres des commissions précédentes de leurs gonds. Ils ont exprimé leur indignation, hier, au moment où les pèlerins s’affairaient autour de leurs titres de voyage.
«Il faut mettre les hommes et les femmes qu’il faut aux places qu’il faut», cet adage a résumé la colère de Serigne El Hadji Baba Sow, chef religieux à Nord Foire. A l’en croire, «tous les manquements notés dans l’organisation du pèlerinage aux lieux saints de l’Islam depuis un certain temps, sont dus au fait que ceux qui connaissent le monde arabe, pour y avoir étudié et parlant bien la langue, sont laissés en rade, au profit d’une clientèle politique venant de l’exécutif à qui revient de nommer le commissaire au pèlerinage». 
«Depuis Rawane Mbaye...» 
Selon toujours El Hadji Baba Sow, c’est après le départ de Rawane Mbaye, ex-Commissaire, avec qui nous avons eu à travailler, car connaissant bien le monde arabe, que des couacs sont notés chaque année dans l’organisation du pèlerinage aux lieux saints de l’Islam. «Le plus dangereux est que des pèlerins sont confrontés à un problème d’interlocuteur dans l’accomplissement du pèlerinage à la Mecque, parce que souvent, des personnes choisies pour les guider ne maitrisent pas les différents lieux de passage», déplorera-t-il. Pour que pareille situation prenne fin et que le pèlerinage à la Mecque retrouve son cachet solennel pour les fidèles sénégalais, le chef religieux interpelle les pouvoirs publics. «L’exécutif doit cesser de s’immiscer dans l’organisation du pèlerinage. Cette question aussi importante doit être laissée à l’appréciation des hommes et des femmes qui maitrisent bien le domaine qui n’est pas donné à n’importe qui», a-t-il suggéré. 
«La politique bouscule l’expertise» 
L’homme religieux a aussi brocardé les critères de nomination des ambassadeurs : «Même dans le choix des hommes et des femmes qui représentent notre pays à l’étranger, précisément, les pays arabes, la politique prend le dessus sur l’expertise et la connaissance du terrain». Le cas de la précédente édition est édifiant. Les pèlerins sénégalais avaient saisi l'opportunité de leur face à face avec le ministre des Affaires Étrangères de l’époque sur place, pour dénoncer "l'amateurisme" de la commission chargée du pèlerinage. En effet, ils ont été nombreux à saisir le ministre de tutelle, Me Alioune Badara Cissé, lors de l'étape de Mouna, aux fins de dénoncer les "conditions précaires" dans lesquelles ils ont effectué le pèlerinage. Pour toute réponse, Me Alioune Badara Cissé avait promis de transmettre leurs doléances au chef de l'Etat, Macky Sall. Et cette sortie musclée a eu l’effet escompté. Car le commissaire d’alors, à l’origine de ces manquements, a été relevé de ses fonctions.
Sekou Dianko DIATTA 

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