samedi 25 avril 2015

Les implications du patriotisme


Les implications du patriotisme
Il s’agit de l’enregistrement audio (ci-dessous) de notre émission du vendredi 17 avril 2015 sur la télévision Tal, portant sur le thème: «Le sens de la citoyenneté en Islam » que nous avions introduit depuis le 10 février 2015.
Nous avons besoin aujourd’hui plus que jamais d’appliquer ces implications du patriotisme car notre pays (le Niger) traverse des moments qui nous interpellent et dans lesquels nous devons manifester notre solidarité les uns envers les autres, notre miséricorde mutuelle, notre amour mutuel, notre sympathie, notre compassion envers les couches diminues de la société et tous ceux qui souffrent d’une manière ou d’une autre.
Parmi ces implications du patriotisme, il y a l’invocation que chacun peut faire sans poser aucune condition à qui ce que ce soit et sans exiger rien de qui que ce soit. Nous avons vu dans l’émission comment chaque Prophète en général invoquait pour son peuple et notre Prophète Mouhammad çallallahou alayhi wa sallam en particulier, comment il invoquait pour sa Communauté dans chaque prière. Il n’a pas eu besoin de le dire aux gens ni d’exiger d’eux un salaire ou quelque chose pour le faire. C’est ainsi que nous devons faire surtout les Oulémas qui sont considérés comme les héritiers des Prophètes, ils doivent donner le meilleur exemple de comportement, de compassion et de sympathie pour les gens.
Est-ce que les Oulémas ont besoin de prendre de l’argent dans pareille circonstance pour dire des invocations pour le peuple?
Craignons Allah et soyons sincères Wallahi avec Lui, avec nous-mêmes et avec nos compatriotes!
Cet argent qu’on donne aux «Marabouts » peut être utilisé pour acheter des doses supplémentaires de vaccin susceptibles de sauver des vies.
Il faut se le rappeler en toute sincérité que nos invocations n’excluent pas les mesures médicales (préventives et curatives) connues pour lutter contre la maladie. Même le Prophète prière et salut d’Allah sur lui, à qui le Coran a été révélé, n’a pas outrepassé ces mesures et il a fortement recommandé de les respecter. Il n’y a personne aujourd’hui qui ne fera pas recours aux médecins en cas de cas qu’il soit marabout ou autre!
Face à cette épidémie de méningite, tous ceux qui peuvent se payer le vaccin doivent le faire (c’est-à-dire acheter le vaccin à la pharmacie) en laissant le peu de vaccins que les autorités ont eus pour les pauvres qui ne peuvent pas payer ces vaccins. Mais vous me direz certainement que je rêve ou je suis absent du pays!!!
En pareille circonstance, nous devons unir nos forces et nos moyens pour faire face à la situation en attendant d’éventuelles aides extérieures.
Pourquoi ne pas organiser un téléthon ou toute autre collecte de fonds pour acheter des vaccins et faire vacciner ceux qui n’ont pas les moyens de le faire ou pour aider les autorités à faire face à la situation?
Wallahi Dieu m’est témoin à quel point je me sens mal dans ma peau face aux comportements de certains compatriotes dans ces moments d’épreuves…
Qu’Allah nous protège davantage! Qu’Il nous accorde ce que nous cherchons de bien et nous épargne ce dont nous avons peur! Qu’Il mette de la pitié, de la compassion et de l’amour dans nos cœurs pour qu’on puisse s’aimer et aimer le bien les uns pour les autres! Qu’Allah ne nous tienne pas rigueur pour nos fautes, nos péchés et nos mauvais comportements!
Cheikh Boureima Abdou Daouda
Niamey, le 25 avril 2015

lundi 20 avril 2015

A propos de l’épidémie de méningite au Niger


Louanges à Allah Seigneur et Administrateur Absolu de l’Univers, Il fait, décrète et accomplit dedans ce qu’Il veut sans qu’Il soit interrogé; prière et salut d’Allah sur notre Guide et Prophète Mouhammad, sur sa sainte famille et ses fidèles compagnons!
Je me permets de paraphraser un de mes articles intitulé: «Ne confondons pas épreuvedivine et punition divine» publié le lundi 27 août 2012 suite aux inondations qui avaient touché plusieurs localités du Niger.
Ainsi, devant les propos et interprétations des uns et des autres face à l’épreuve de ces derniers temps (l’épidémie de méningite) que le Niger traverse, il me paraît urgent d’apporter certaines précisions religieuses relatives aux épreuves divines vu la peur et le stress que cela a suscité et continue de susciter dans le pays en général et à Niamey, la capitale en particulier.
Les gens s’alarment partout et courent dans tous les sens à la recherche du vaccin contre la maladie oubliant même leur identité de musulmans qui doivent placer leur confiance en leur Seigneur en toute circonstance. 
Certes, une épidémie est un malheur dont il faut se protéger autant que faire se peut; et l’Islam va jusqu’à légiférer la mise en quarantaine des lieux et des gens atteints d’une épidémie.
Se soigner est donc une obligation tout comme la prévention contre les maladies dangereuses est obligatoire quand il y a bien sûr le remède ou le vaccin.
Dans le cas précis de la présente méningite, il paraît que le vaccin contre la forme incriminée n’est pas disponible en quantité suffisante sans compter son prix qui ne semble pas être à la portée du Nigérien moyen ayant une famille de quelques membres.
Pour autant, cela ne doit pas entraîner les gens dans la désolation, l’inquiétude et l’affolement ni permettre à certains de spéculer sur la nature et le prix du vaccin voire escroquer les gens.
Il paraît que certains agents de santé se permettent de vendre aux populations des vaccins autres que la forme indiquée.
Il paraît aussi que certains pharmaciens ont doublé le prix de la dose du bon vaccin face à la demande.
Soubhanallah! Je ne peux pas comprendre comment dans pareille circonstance, on peut agir de la sorte envers les pauvres populations! Où est la compassion? Où est la pitié ou la sympathie envers les compatriotes?
Au lieu de réduire le prix du vaccin pour permettre à tous de l’avoir, on l’augmente jusqu’à le doubler! Je ne pense pas que Dieu bénira un tel profit.
D’autres personnes n’ont de boulot quant à eux, que de répandre des informations alarmantes concernant le danger du virus, les statistiques des cas et autres faits pour semer davantage la psychose dans la société. Que cherchent-ils? Y a-t-il quelqu’un à accuser pour être à l’origine de la maladie?
En tant que musulmans et croyants, nous devons nous rappeler que Seul Dieu le Maître Absolu de l’Univers protège et sa protection ne connaît pas de faille. Nous devons nous rappeler également qu’aucune âme ne mourra  sans la Volonté Expresse d’Allah c’est-à-dire sans que son terme arrive. Et quand ce dernier arrive, personne ne peut faire quelque chose contre la Volonté Divine. A titre d’exemples, Allah le Très Haut a dit:
قُل لَّن يُصِيبَنَا إِلَّا مَا كَتَبَ اللَّـهُ لَنَا هُوَ مَوْلَانَا وَعَلَى اللَّـهِ فَلْيَتَوَكَّلِ الْمُؤْمِنُونَ
«Rien ne nous atteindra, en dehors de ce qu'Allah a prescrit pour nous.261 Il est notre Mawlâ (Patron, Maître, Allié, Protecteur). C'est en Allah que les croyants doivent mettre leur confiance». Sourate 9, verset 51.
وَإِن يَمْسَسْكَ اللَّـهُ بِضُرٍّ فَلَا كَاشِفَ لَهُ إِلَّا هُوَ  وَإِن يُرِدْكَ بِخَيْرٍ فَلَا رَادَّ لِفَضْلِهِ  يُصِيبُ بِهِ مَن يَشَاءُ مِنْ عِبَادِهِ  وَهُوَ الْغَفُورُ الرَّحِيمُ
«Et si Allah fait qu'un mal te touche, nul ne peut l'écarter en dehors de Lui. Et s'Il te veut un bien, nul ne peut repousser Sa grâce. Il en gratifie qui Il veut parmi Ses serviteurs. Et c'est Lui le Pardonneur, le Très Miséricordieux». Sourate 10, verset 107.
وَمَا كَانَ لِنَفْسٍ أَن تَمُوتَ إِلَّا بِإِذْنِ اللَّـهِ كِتَابًا مُّؤَجَّلًا
«Personne ne peut mourir que par la permission d'Allah, et au moment prédéterminé». Sourate 3, verset 145.
«مَا أَصَابَ مِنْ مُصِيبَةٍ فِي الْأَرْضِ وَلَا فِي أَنْفُسِكُمْ إِلَّا فِي كِتَابٍ مِنْ قَبْلِ أَنْ نَبْرَأَهَا إِنَّ ذَلِكَ عَلَى اللَّهِ يَسِيرٌ»
«Nul malheur n'atteint la terre ni vos personnes, qui ne soit enregistré dans un Livre (Allawhoul-Mahfoûz) avant que Nous ne l'ayons créé; et cela est certes facile à Allah». Sourate 57. verset 22.
Rappelons-nous que les épreuves divines ne sont pas forcément dues ni aux péchés ni à l’imprudence des serviteurs, elles font partie avant tout des Traditions et du Programme de Dieu dont Lui Seul connaît les tenants et les aboutissants.
Soulignons que toute punition divine est une épreuve mais toute épreuve divine n’est pas une punition. Toute la vie terrestre est synonyme d’épreuve et cette épreuve se fait par le bien et par le mal comme Dieu l’a dit dans le Saint Coran.
كُلُّ نَفْسٍ ذَائِقَةُ الْمَوْتِ وَنَبْلُوكُمْ بِالشَّرِّ وَالْخَيْرِ فِتْنَةً وَإِلَيْنَا تُرْجَعُونَ
«Toute âme doit goûter la mort. Nous vous éprouverons par le mal et par le bien [à titre] de tentation. Et c'est à Nous que vous serez ramenés». Sourate 21, verset 35.
Le Prophète çallallahou alaihi wa sallam nous fait savoir que l’épreuve divine est proportionnelle à la foi du serviteur:
أشد الناس بلاءً الأنبياء ثم الأمثل فالأمثل يبتلى الرجل على قدر دينه فإن كان في دينه صلابة اشتد بلاؤه وإن كان في دينه رقة ابتلي على قدر دينه فما يبرح البلاء بالعبد حتى يترُكَه يمشي على الأرض وما عليه خطيئة
«Les plus éprouvés des hommes sont les Prophètes puis le commun des hommes suivant le degré de leur foi. L’homme est en effet éprouvé proportionnellement à sa foi, si celle-ci est forte, le malheur en sera proportionnel (s’aggravera) et si elle est faible, il sera éprouvé à la mesure de sa foi. Le malheur ne cesse de toucher le serviteur (croyant) jusqu’à ce qu’il le laisse marcher sur la terre sans aucun péché».
Comme on le voit ici, les épreuves ne sont pas dues forcément aux péchés, au contraire, elles purifient le serviteur de ses péchés. Le Prophète précise encore:
«إِنَّ عِظَمَ الْجزاءِ مَعَ عِظَمِ الْبلاءِ ، وإِنَّ اللَّه تعالى إِذَا أَحَبَّ قَوماً ابتلاهُمْ ، فَمنْ رضِيَ فلَهُ الرضَا ، ومَنْ سَخِطَ فَلَهُ السُّخْطُ » رواه الترمذي وقَالَ: حديثٌ حسنٌ.
«Certes, la valeur de la récompense est proportionnelle à la grandeur de l’épreuve. Certes, quand Allah le Très Haut aime des gens, Il les éprouve. Quiconque agrée (Ses épreuves) récoltera l’agrément d’Allah. Et quiconque se courrouce (contre les épreuves d’Allah), récoltera le courroux divin». Rapporté par Attirmizy.
وَعَنْ أبي هُرَيْرةَ رَضِيَ اللَّهُ عنه قال : قال رسولُ اللَّهِ صَلّى اللهُ عَلَيْهِ وسَلَّم : « مَا يَزَال الْبَلاءُ بِالْمُؤْمِنِ وَالْمؤمِنَةِ في نَفْسِهِ وَولَدِهِ ومَالِهِ حَتَّى يَلْقَى اللَّه تعالى وَمَا عَلَيْهِ خَطِيئَةٌ» رواه التِّرْمِذيُّ وقال : حديثٌ حسنٌ صحِيحٌ .  
«Le malheur ne cesse de toucher le croyant ou la croyante dans son âme, ses enfants et ses biens jusqu’à ce qu’il ou elle rencontre Allah le Très Haut sans aucun péché sur lui ou sur elle». Rapporté par Attirmizy.
Et Allah soubhanahou wa taala nous fait savoir que s’Il devait punir les gens à cause de leurs actes, Il ne laisserait sur terre aucune créature:
وَلَوْ يُؤَاخِذُ اللَّـهُ النَّاسَ بِظُلْمِهِم مَّا تَرَكَ عَلَيْهَا مِن دَابَّةٍ وَلَـٰكِن يُؤَخِّرُهُمْ إِلَىٰ أَجَلٍ مُّسَمًّى  فَإِذَا جَاءَ أَجَلُهُمْ لَا يَسْتَأْخِرُونَ سَاعَةً وَلَا يَسْتَقْدِمُونَ
«Si Allah s'en prenait aux gens pour leurs méfaits, Il ne laisserait sur cette terre aucun être vivant. Mais Il les renvoie jusqu'à un terme fixe. Puis, quand leur terme vient, ils ne peuvent ni le retarder d'une heure ni l'avancer». Sourate 16, verset 61.
وَلَوْ يُؤَاخِذُ اللَّـهُ النَّاسَ بِمَا كَسَبُوا مَا تَرَكَ عَلَىٰ ظَهْرِهَا مِن دَابَّةٍ وَلَـٰكِن يُؤَخِّرُهُمْ إِلَىٰ أَجَلٍ مُّسَمًّى  فَإِذَا جَاءَ أَجَلُهُمْ فَإِنَّ اللَّـهَ كَانَ بِعِبَادِهِ بَصِيرً
«Et si Allah s'en prenait aux gens pour ce qu'ils acquièrent, Il ne laisserait à la surface [de la terre] aucun être vivant. Mais Il leur donne un délai jusqu'à un terme fixé. Puis quand leur terme viendra... [Il se saisira d'eux] car Allah est Très Clairvoyant sur Ses serviteurs». Sourate 35, verset 45.
Tout arrive par et avec la Volonté de Dieu et nul ne peut affirmer que c’est à cause de nos péchés ni à cause de ceci ou cela. Combien de gens sont morts sans être atteints de méningite? Combien de gens le paludisme tue-t-il dans le monde et chez nous sans que l’on fasse du bruit ou qu’on s’affole?
S’il y a une sagesse à rappeler ici parmi les sagesses que l’on peut tirer de ces épreuves, c’est le fait de rappeler aux serviteurs leurs faiblesses et leur impuissance devant les Décisions et les Actions de Dieu. Ainsi, les serviteurs ne doivent jamais oublier cette réalité ni écarter Dieu de leurs calculs et de leurs programmes car sans l’aide de Dieu l’Homme -quels que soient son pouvoir, sa richesse, son savoir, sa force…- n’est rien en réalité. Certes, nous avons nos programmes individuels et collectifs et Dieu en a le Sien et il n’y a que le programme de Dieu qui se réalise sans faille.
Bref, l’heure est celle de la recherche d’une solution ou des solutions aux différents problèmes qui se posent à notre pays.
Cette recherche des solutions implique forcément une prise de conscience collective pour un sursaut national très fort, en vue de conjuguer les efforts, de se montrer plus que jamais unis, fraternels et solidaires les uns des autres.
Que les gens se repentissent à Dieu, mettent leur confiance en Lui, implorent individuellement et collectivement les miséricordes et les bénédictions de Dieu et qu’ils fassent preuve d’invocations pour qu’Allah nous épargne le mal sous toutes ses formes, protège les individus et le pays!
Qu’Allah nous conforme à cela! Qu’Il unisse les cœurs de tous les nigériens! Qu’Il conforme nos décideurs à ce qu’Il aime et agrée! Qu’Il bénisse pour nous nos vies, nos œuvres, nos familles, nos biens et notre cher pays le Niger! Qu’Il descende sur nous tous Ses miséricordes et Sa paix! Qu’Il adoucisse et attenue Ses épreuves inéluctables pour tous les croyants!
Cheikh Boureima Abdou Daouda
Niamey, le 20 avril 2015.


lundi 6 avril 2015

Le jugement du sermon dans une autre langue que l’Arabe


Question: quel est le jugement du sermon dans une autre langue que l’Arabe?
Réponse:  la vérité à propos de cette question, est qu’il est permis à l’Imâm de vendredi de sermonner par la langue que comprennent les interlocuteurs. Si ces interlocuteurs, par exemple, ne sont pas arabes et ne comprennent pas la langue arabe, alors il prononce le sermon selon leur langue. Car ceci constitue le moyen d’explication pour eux, l’objectif du sermon est en effet l’explication des préceptes d’Allah le Très Haut pour Ses serviteurs, leur exhortation et leur orientation; sauf que les versets coraniques doivent être cités d’abord en Arabe puis traduits dans la langue des gens. Ce qui prouve qu’il est permis de sermonner par la langue des gens, c’est la parole du Très Haut: «Et Nous n'avons envoyé de messager qu'avec la langue de son peuple, afin qu’il les éclaire. Allah égare qui Il veut et guide qui Il veut. Et, c'est Lui le tout Puissant, le Sage». Sourate 14, verset 4.  Allah le Très Haut a donc expliqué que la langue que comprennent les interlocuteurs, constitue le moyen de communication. Certes, Allah est le plus Savant!
Mouhammad ibnou Sâlih Al-ousaymine
Référence: recueil des Fatwas et messages de Cheikh Mouhammad ibnou Sâlih Al-ousaymine, volume 16, le livre de la Çalât (prière) de vendredi.
Voir en bas le texte arabe de cette Fatwa
Traduit de l’Arabe par Cheikh Boureima Abdou Daouda
Président du Bureau des Traductions Islamiques au Niger (BUTIN)
Imâm de la Mosquée Centrale Almoustapha à l’Université Abdou Moumouni de Niamey.
Lien de la Fatwa sur Internet:
http://ar.islamway.net/fatwa/18545/ ما-حكم-الخطبة-بغير-اللغة-العربية

Commentaire
Le sermon de vendredi, de deux fêtes islamiques ou de toute occasion islamique, constitue un discours dans lequel l’Imâm explique aux fidèles les recommandations d’Allah et les préceptes de l’Islam. Il est tout à fait donc normal, logique voire obligatoire de prononcer ce discours selon la langue des interlocuteurs afin qu’ils en saisissent le sens et qu’ils essaient de le mettre en application. Le Cheikh Ibnou Bâz qu’Allah lui fasse miséricorde a dit en réponse à une question sur le jugement de la traduction du sermon de vendredi et autres:
«Les savants -qu’Allah leur fasse miséricorde- ont divergé à propos de la permission de la traduction en langues étrangères à l’Arabe, des sermons sur le minbar le jour de vendredi et au cours de deux fêtes islamiques. Certains savants qu’Allah leur fasse miséricorde, ont interdit cela dans le désir de pérenniser la langue Arabe, de la conserver et de suivre la voie du Messager prière et salut d’Allah sur lui et celle de ses Compagnons qu’Allah les agrée, dans le fait de prononcer les sermons en langue Arabe dans les pays non arabes  et autres; pour ainsi inciter les gens à apprendre la langue arabe et à lui accorder de l’importance.
D’autres savants ont opté pour la permission des sermons en langues étrangères à l’Arabe si les interlocuteurs (ou la majorité d’entre eux) ne comprennent pas la langue arabe, vu le sens (l’objectif) pour lequel Allah a légiféré le sermon à savoir: faire comprendre aux gens ce qu’Allah a légiféré pour eux comme préceptes, ce qu’Il leur a interdit comme péchés, les orienter vers les vertus nobles et les qualités louables et les avertir contre leurs contraires. Il n’y a pas de doute que la considération du sens et des objectifs, est plus prioritaire et obligatoire que la considération des expressions apparentes, surtout quand les interlocuteurs ne s’intéressent pas à la langue arabe et le sermon de l’Imâm n’impacte pas sur eux dans l’incitation à l’apprentissage et au soin de la langue arabe, car l’objectif dans ce cas n’est pas atteint. Ainsi, il devient clair pour celui qui médite que l’avis qui prône la permission de la traduction des sermons en langues étrangères à l’Arabe, qui sont les langues dominantes des interlocuteurs, à travers lesquelles ils comprennent la parole et en saisissent le sens, (cet avis) est plus prioritaire et primordial à suivre; surtout quand le manque de traduction entraîne la divergence et la dispute. Point donc de doute que la traduction dans cette situation devient obligatoire pour atteindre l’objectif visé et éloigner le préjudice (de la divergence). Si parmi les interlocuteurs,  certains comprennent la langue arabe, il est recommandé alors à l’Imâm de réunir les deux langues, il prononce ainsi le sermon en Arabe puis le traduit dans la langue que comprennent les autres. De cette façon, l’objectif sera atteint, le préjudice sera écarté et la divergence disparaitra entre les interlocuteurs.
Il y a plusieurs arguments de la Pure Religion qui prouvent cela, entre autres:
- Ce qui est déjà cité à propos de l’objectif visé à travers le sermon à savoir le fait de faire profiter les interlocuteurs (les fidèles) du sermon, leur rappeler le Droit d’Allah, les convier à Lui et les avertir contre ce qu’Allah a interdit. Et cela ne peut s’accomplir que selon leur langue (qu’ils comprennent).
- Le fait qu’Allah -pureté à Lui- a envoyé les Messagers -sur eux la paix- selon les langues de leurs peuples pour leur faire comprendre l’objectif d’Allah comme Il l’a dit:
وَمَا أَرْسَلْنَا مِنْ رَسُولٍ إِلاَّ بِلِسَانِ قَوْمِهِ لِيُبَيِّنَ لَهُمْ فَيُضِلُّ اللَّهُ مَنْ يَشَاءُ وَيَهْدِي مَنْ يَشَاءُ وَهُوَ الْعَزِيزُ الْحَكِيمُ 
«Et Nous n'avons envoyé de messager qu'avec la langue de son peuple, afin qu’il les éclaire. Allah égare qui Il veut et guide qui Il veut. Et, c'est Lui le tout Puissant, le Sage». Sourate 14, verset 4.
Il a aussi dit:
الر كِتَابٌ أَنزَلْنَاهُ إِلَيْكَ لِتُخْرِجَ النَّاسَ مِنْ الظُّلُمَاتِ إِلَى النُّورِ بِإِذْنِ رَبِّهِمْ إِلَى صِرَاطِ الْعَزِيزِ الْحَمِيدِ 
«Alif, Lâm, Ra. [Voici] un livre que nous avons fait descendre sur toi afin que -par la permission de leur Seigneur- tu fasses sortir les gens des ténèbres vers la lumière, sur la voie du Tout Puissant, du Digne de louange ». Sourate 14, verset 1.
Comment faire sortir les gens des ténèbres à la lumière grâce au Coran s’ils ne comprennent pas l’objectif d’Allah? C’est désormais connu (et admis) qu’il faut nécessairement une traduction qui leur explique l’objectif d’Allah et qui leur clarifie le Droit d’Allah Soubhanah si l’apprentissage de la langue arabe n’a pas été facile pour eux ni le fait d’en prendre soin.
C’est dans ce cadre que le Messager prière et salut d’Allah sur lui a recommandé à Zayd ibnou Sâbit d’apprendre la langue des Juifs afin de leur écrire dans cette langue pour prouver l’argument contre eux tout comme il (Zayd) lisait leurs écrits qui venaient d’eux et les expliquait au Prophète prière et salut d’Allah sur lui.
- Quand les Compagnons entrèrent dans les pays non arabes comme chez les perses et les romains, ils ne les avaient pas combattus, ils les invitèrent plutôt à l’Islam par le truchement des traducteurs. Quand ils avaient conquis les pays non arabes, ils avaient convié les gens à Allah en langue arabe et leur avaient recommandé son apprentissage. Quant à ceux qui l’ignoraient, ils les avaient appelés à Allah et leur avaient expliqué l’objectif d’Allah selon la langue qu’ils comprenaient pour leur ôter ainsi tout argument et tout prétexte.
Il n’y a pas de doute que cette voie (la voie de la traduction) devient une nécessité surtout vers la fin des temps quand l’Islam deviendra étranger et quand chaque peuple s’attachera à sa langue.
Le besoin de la traduction devient une nécessité sans laquelle le prêcheur ne peut pas accomplir l’appel à Allah.
Je demande à Allah de conformer les musulmans où qu’ils se trouvent à la compréhension profonde de Sa Religion et à l’attachement à Sa loi. Qu’Il les affermisse là-dessus, qu’Il réforme leurs dirigeants, secoure Sa Religion et fasse tomber Ses ennemis, Il est certes Dispensateur et Généreux!  
Cheikh Ibnou Bâz (qu’Allah lui fasse miséricorde).
Voir en bas le texte arabe de cette Fatwa
Traduit de l’Arabe par Cheikh Boureima Abdou Daouda
Président du Bureau des Traductions Islamiques au Niger (BUTIN)
Imâm de la Mosquée Centrale Almoustapha à l’Université Abdou Moumouni de Niamey.



J’avais cité quelques-uns de ces propos de Cheikh Ibnou Bâz à propos de la traduction dans mon ouvrage arabe intitulé: «Le rôle de la traduction religieuse dans l’appel à Allah» paru en 1995 à Bouraidah en Arabie Saoudite; et depuis 1996, nous avions adopté la méthode de la traduction de nos sermons à la mosquée de l’Université de Niamey où nous les prononcions en Arabe et en Français pendant une bonne période. Aujourd’hui, nous les prononçons directement en Français sauf l’introduction au début, les versets coraniques, les Hadîs ou récits du Prophète, l’introduction du deuxième sermon et l’invocation à la fin du sermon que nous disons en Arabe avant de les traduire. Cette procédure correspond exactement à la Fatwa de Cheikh Abdourahmân Ibnou Aldjibrîne qu’Allah lui fasse miséricorde (voir le texte arabe à la fin de cet article).
Ceci a permis et continue de permettre aux fidèles de comprendre le message que nous leur livrons chaque semaine à travers des thèmes variés touchant tous les aspects de l’Islam et de la vie.
Qu’Allah nous conforme davantage au service de Sa Religion, de Ses serviteurs et de l’Humanité et qu’Il accepte nos bonnes œuvres et pardonne les mauvaises!
Qu’Allah nous bénisse (vous et nous) et fasse de nous des sources de bénédiction pour les autres où que nous soyons!
Cheikh Boureima Abdou Daouda
Niamey, le 6 avril 2015



السؤال: ما حكم الخطبة بغير اللغة العربية؟
الإجابة: الصحيح في هذه المسألة أنه يجوز لخطيب الجمعة أن يخطب باللسان الذي لا يفهم الحاضرون غيره، فإذا كان هؤلاء القوم مثلاً ليسوا بعرب ولا يعرفون اللغة العربية فإنه يخطب بلسانهم؛ لأن هذا هو وسيلة البيان لهم، والمقصود من الخطبة هو بيان حدود الله سبحانه وتعالى للعباد، ووعظهم، وإرشادهم، إلا أن الآيات القرآنية يجب أن تكون باللغة العربية، ثم تفسر بلغة القوم، ويدل على أنه يخطب بلسان القوم ولغتهم قوله تعالى: ((!$tBur $uZù=yör& `ÏB @Aqߧ žwÎ) Èb$|¡Î=Î/ ¾ÏmÏBöqs% šúÎiüt7ãŠÏ9 öNçlm; ( @ÅÒãŠsù ª!$# `tB âä!$t±o Ïôgtƒur `tB âä!$t±o  uqèdur âƒÍyèø9$# ÞOÅ3ysø9$#))، فبين الله تعالى أن وسيلة البيان إنما تكون باللسان الذي يفهمه المخاطبون، والله أعلم
محمد صالح العثيمين
مجموع فتاوى ورسائل الشيخ محمد صالح العثيمين - المجلد السادس عشر - كتاب صلاة الجمعة.
الرابط:
 http://ar.islamway.net/fatwa/18545/ ما-حكم-الخطبة-بغير-اللغة-العربية


السؤال: حصل خلاف بيننا حول جواز ترجمة خطبة الجمعة بلغتنا الوطنية فبعضنا يرى الجواز وبعضنا يرى المنع ، فما الحكم الشرعي في ذلك ؟ أفيدونا أفادكم الله .
الاجابة لفضيلة الشيخ عبد العزيز بن باز رحمه الله
 قد تنازع العلماء - رحمة الله عليهم -  في جواز ترجمة الخطبة المنبرية في يوم الجمعة والعيدين باللغات العجمية ، فمنع ذلك جمع من أهل العلم ، رغبة منهم رضي الله عنهم في بقاء اللغة العربية والمحافظة عليها والسير على طريقة الرسول صلى الله عليه وسلم وأصحابه رضي الله عنهم في إلقاء الخطب باللغة العربية في بلاد العجم وغيرها ، وتشجيعاً للناس على تعلم اللغة العربية والعناية بها. وذهب آخرون من أهل العلم إلى جواز ترجمة الخطب باللغة العجمية إذا كان المخاطَبون أو أكثرهم لا يعرفون اللغة العربية ، نظراً للمعنى الذي من أجله شرع الله الخطبة ، وهو تفهيم الناس ما شرعه الله لهم من الأحكام ، وما نهاهم عنه من المعاصي والآثام ، وإرشادهم إلى الأخلاق الكريمة والصفات الحميدة ، وتحذيرهم من خلافها، ولا شك أن مراعاة المعاني والمقاصد أولى وأوجب من مراعاة الألفاظ والرسوم ، ولا سيما إذا كان المخاطَبون لا يهتمون باللغة العربية ، ولا تؤثر فيهم خطبة الخطيب بها تسابقاً إلى تعلمها، وحرصاً عليها . فالمقصود حينئذ لم يحصل ، والمطلوب بالإبقاء على اللغة العربية لم يتحقق . وبذلك يظهر للمتأمل أن القول بجواز ترجمة الخطب باللغات السائدة بين المخاطبين الذين يعقلون بها الكلام ويفهمون بها المراد أولى وأحق بالاتباع ، ولا سيما إذا كان عدم الترجمة يفضي إلى النزاع والخصام ، فلا شك أن الترجمة والحالة هذه متعيّنة لحصول المصلحة بها ، وزوال المفسدةوإذا كان في المخاطبين من يعرف اللغة العربية ، فالمشروع للخطيب أن يجمع بين اللغتين ، فيخطب باللغة العربية ، ثم يعيدها باللغة الأخرى التي يفهمها الآخرون ، وبذلك يجمع بين المصلحتين ، وتنتفي المضرة كلها وينقطع النزاع بين المخاطبين . ويدل على ذلك من الشرع المطهر أدلة كثيرة ، منها ما تقدم ، وهو : أن المقصود من الخطبة نفع المخاطبين وتذكيرهم بحق الله ، ودعوتهم إليه ، وتحذيرهم مما نهى الله عنه، ولا يحصل ذلك إلا بلغتهم . ومنها : أن الله سبحانه إنما أرسل الرسل عليهم السلام بألسنة قومهم ؛ ليُفّهِّموهم مراد الله سبحانه بلغاتهم ، كما قال عز وجل: { وما أرسلنا من رسول إلا بلسان قومه ليبين لهم }، وقال عز وجل: { كتاب أنزلناه إليك لتخرج الناس من الظلمات إلى النور بإذن ربهم إلى صراط العزيز الحميد } . وكيف يمكن إخراجهم به من الظلمات إلى النور ، وهم لا يعرفون مراد الله منه ؟ فعلم أنه لابد من ترجمة تبين المراد ، وتوضح لهم حق الله سبحانه إذا لم يتيسر لهم تعلم لغته ، والعناية بها ، ومن ذلك أن الرسول صلى الله عليه وسلم أمر زيد بن ثابت أن يتعلم لغة اليهود ليكاتبهم بها ، ويقيم عليهم الحجة ، كما يقرأ كتبهم إذا وردت ويوضح للنبي صلى الله عليه وسلم مرادهم ، ومن ذلك أن الصحابة رضي الله عنهم لما غزوا بلاد العجم من فارس والروم لم يقاتلوهم حتى دعوهم إلى الإسلام بواسطة المترجمين ، ولما فتحوا البلاد العجمية دعوا الناس إلى الله سبحانه باللغة العربية ، وأمروا الناس بتعلمها ومن جهلها منهم دعوه بلغته وأفهموه المراد باللغة التي يفهمها فقامت بذلك الحجة ، وانقطعت المعذرة ، ولا شك أن هذا السبيل لا بد منه ، ولا سيما في آخر الزمان ، وعند غربة الإسلام ، وتمسك كل قبيل بلغته ، فإن الحاجة للترجمة ضرورية ولا يتم للداعي دعوة إلا بذلك .وأسأل الله أن يوفق المسلمين - أينما كانوا للفقه - في دينه والتمسك بشريعته والاستقامة عليها وأن يصلح ولاة أمورهم ، وأن ينصر دينه ، ويخذل أعداءه ، إنه جواد كريم.
المفتي:  عبد العزيز بن عبد الله بن باز رحمه الله


السؤال: نظرًا لكثرة الوافدين وحاجتهم إلى الدعوة ووجود شركات كبيرة معظم العاملين فيها من غير الناطقين بالعربية، ولأنه لا تتم الفائدة لهم إلا بمخاطبتهم باللغة التي يتكلمون بها. فما حكم إقامة خطبة الجمعة لمثل هؤلاء بلغاتهم؟
الإجابة: وبعد، فالأصل أن الخطب المنبرية للجمع والأعياد لا تكون إلا باللغة العربية، ولكن إذا كان الحاضرون كلهم أو جلهم يتكلمون بغير العربية فلا مانع من إلقاء أصل الخطبة بالعربية كالحمد والثناء والشهادتين والوصية بتقوى الله - تعالى - وقراءة الآية، ثم بعد ذلك يترجم الباقي بلغة الحاضرين ويتوسع في إفهامهم وتعليمهم، وإيضاح ما يخفى عليهم بالكلام الذي يستفيدون منه، ولا مانع من نصيحة قبل إقامة الصلاة بلغتهم وكذلك بعدها إذا عُلم حاجتهم إلى التعليم وعُلم أنهم يبقون لاستماع الكلام الذي يفهمونه كما يفعل ذلك في كثير من البلاد الإسلامية التي يغلب على سكانها عدم معرفة العربية حيث يقوم الواعظ بإلقاء موعظة ونصيحة قبل دخول الإمام ويلقي الإمام أصول الخطبة بالعربية ثم يتوسع في التعليم معهم بلغتهم وبذلك تحصل الاستفادة. والله أعلم. وصلى الله على محمد و آله وصحبه وسلم.

المفتي عبد الله بن عبد الرحمن الجبرين